"T'as pensé à vérifier les dates sur les sandwich ?"
Elle au lit, moi à la bourre en train de réfléchir à ce que j'oubliais... J'oublie toujours quelques chose...
J'étais sur le point d'aller l'embrasser.
Impulsivité
"NON ! JE suis à la bourre et JE n'ai pas pensé à regarder les dates ! mrfff...".
En fait ça m'avait traversé l'esprit, deux secondes avant de le prendre, mais je n'ai pas voulu le faire, trop perdu ailleurs...
Je fonce au frigo d'un pas énervé pour rajouter à ma réponse cinglante.
Le grand, 5 ans, sort de sa chambre
"Pa..."
Je ne lui laisse même pas le temps de sortir un mot
"TOI TU LEVERA TÔT, QUAND TU TE COUCHERA TÔT, RETOURNE TE COUCHER !"
Deuxième fois que je l'envoi balader ce matin, il est entré dans la salle de bain alors que j'étais sous la douche. Faut pas me déranger le matin quand je suis de mauvaise humeur...
Hier soir, lui et son frère ont voulu dormir par terre, j'ai accepté, installé un matelas mince en travers de la chambre, étendu la couette.
"Ok pour que vous dormiez là tous les deux mais je ne veux pas vous entendre..."
Ils m'ont vivement, remercié, trop heureux que j'accède à une de leur demande "farfelue", je comprend, j'aurais aussi adoré dormir par terre étant jeune...
Bien sur, ils n'ont pas réussi à tenir leur promesse, à la troisième interventions, environ 3/4 d'heure après l'extinction des feux, chacun est retourné dans son lit.
Je change de sandwich...
J'entend le grand qui sanglote... Rien à foutre !... Mais tu ne peux pas savoir à quel point je t'aime...
Me dirige vers la porte et lance froidement en direction du coin qui nous sert de chambre
"Bonne journée !"
Je sors.
Je ne supporte plus ta façon de réfléchir...
Ton premier mot de la journée, c'est pour une pensé bassement matérielle. Qu'est ce que la valeur d'un sandwich face à l'amour !
Pas un bonjour !
Oui je suis impulsif, non je ne sais pas relativiser sur le moment !
Je suis rentré penaud...
Le cadet m'a accueilli avec joie... Il n'avait pas croisé mon chemin le matin.
Tu étais assise à la table du salon, affairé sur ton portable, mais tu m'as souris. Quelle joie ! Je t'ai embrassé, tu m'as souhaité un bon week-end. Je t'ai demandé comment tu pouvais souhaiter du bonheur à un mec con comme un balai ! Tu as ris, j'étais pardonné.
Le grand était dans sa chambre, d'habitude, il se bat pour venir me dire bonjour avec son frère.
Je suis entré, il ne m'a même pas regardé.
"Tu m'en veux pour ce matin ?"
"... Oui, tu m'as méchamment grondé deux fois parce que je me suis levé"
"J'aurai aimé que tu restes un peu au lit pour te reposer... mais tu as raison de m'en vouloir, je n'aurais pas du te gronder aussi méchamment.
Tu me pardonnes ?"
Il a hésité. Et dire qu'il a du ruminer cette vexation toute la journée ! C'est la première fois que je le vois boudé pour un évènement si éloigné dans le temps... 10 heures... Il grandi, ne vit plus que dans l'instantanée.
J'appréhendais un peu cette réaction. Mais je sais aussi que malgré mes défauts, j'essaie de lui apporter le maximum.
Il m'a pardonné, nous avons tiré un trait ensemble, sur ce malheureux incident.
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